Une priorisation pour la conservation des milieux naturels des Basses-Terres du Saint-Laurent en fonction de leur importance pour la connectivité écologique

Financé par : Direction générale de la conservation de la biodiversité, Ministère de l'Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques

Écrit par : Bronwyn Rayfield, Guillaume Larocque, Colin Daniel, Andrew Gonzalez

 

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Résumé

Pour assurer la pérennité de la biodiversité et des services écosystémiques des paysages fragmentés, les plans de conservation actuels se concentrent de plus en plus sur la protection des réseaux d’habitats.Les analyses de connectivité des habitats quantifient à quel point un réseau d’habitat est connecté, selon l’arrangement dans l’espace des parcelles d’habitat et des corridors de dispersion, et en fonction des capacités de dispersion des espèces qui font usage deces réseaux. Dans les Basses-Terres du Saint-Laurent, les zones naturelles terrestres ont été largement converties en terre agricoles et en zones urbaines. Nous avons identifié les priorités de conservation parmi les zones naturelles encore existantes dans les Basses-Terres selon des critères de qualité et de connectivité des habitats pour un ensemble d’espèces-cibles : la grande musaraigne, la martre d’Amérique, la salamandre rayée, la grenouille des bois, et l’ours noir. Nous avons identifié cinq grandes conclusions:

  1. Les zones naturelles terrestres représentent 30% des Basses-Terres réparties sur des parcelles de différentes tailles. Les parcelles, petites et grandes, sont importantes pour la qualité de l'habitat et la connectivité écologique de la région.
  2. Parmi ces parcelles, certaines parcelles de grandes tailles situées entre Trois-Rivières et Québec ont été jugées très prioritaires. Des parcelles plus petites, en Montérégie et autour du Lac Saint-Pierre, sont aussi très prioritaires.
  3. Des corridors de haute priorité de conservation ont aussi été identifiés sur le long de la rive sud du lac Saint-Pierre, en provenance du lac Saint-Pierre vers le Mont Saint-Hilaire (au sud-est), et en provenance du lac Saint-Pierre vers les zones forestières entre Trois-Rivières et Québec (au nord-ouest).
  4. La sensibilité des espèces à la perte d'habitat varie, mais toutes les espèces verront la qualité et la connectivité de leur habitat décroître dans le scénario d'une perte continue de milieux naturels.
  5. La valeur des zones prioritaires de conservation n’est pas indépendante du paysage alentour et toute dégradation de ce paysage a le potentiel de faire décroître la valeur écologique de ces zones.

Les cartes de priorités de conservation présentées dans ce rapport ont pour but de guider une gestion du paysage qui intègre dans son processus de décision les interconnections entre les parcelles d’habitat et les paysages dans lesquels ces connections s’inscrivent. Nos résultats démontrent le mérited'une analyse conjointe de la qualité et de la connectivité des milieux naturels.

 

Mont Yamaska 2007, Photo: Tingxian Li (Ministère de l'Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques)